Sur la route des vins toscans, entre histoire et modernité

publié par le « Bureau de Rome » le 14/09/2021

14 routes différentes de vins sillonnent la Toscane. Entre plantations d’oliviers et allées de cyprès, les vignobles s’étendent, quadrillant harmonieusement ces paysages vallonnés. Grâce à la particularité de ses sols et à ses nombreux microclimats, la région a toujours été une terre fertile. « Magique » même, comme aiment à la qualifier ses habitants. La vigne y pousse spontanément dès le VIIIe siècle av. J.-C., à l’époque des Étrusques. Sa culture continue ensuite crescendo avec les Grecs et les Romains et au Moyen-Âge. Les vins toscans se disputent maintenant les appellations d’origine contrôlée (AOC) mais leur histoire a aussi connu des périodes de remous et ils ont dû se montrer patients avant d’acquérir leurs lettres de noblesse.

Le règne du Chianti

Le Chianti est un des vins italiens les plus connus au monde. Il monopolise pendant longtemps le succès et le marché des vins toscans. En 1716, Cosme III de Médicis lui donne sa première reconnaissance officielle, délimitant son aire de production autour du village de Greve, entre Florence et Sienne. La zone s’est depuis étendue et le Chianti d’AOC occupe aujourd’hui une grande partie du centre de la Toscane. C’est ici, dans le berceau historique de Greve in Chianti, que Luigi Giovanni Cappellini nous a ouvert les portes de son château de Verrazzano et a bien voulu nous raconter les secrets de ce fameux élixir.

Des vignerons combattants et visionnaires

Le Chianti, certes. Mais quelles sont les 13 autres routes ? Contrairement aux vignobles français, en Toscane, certains domaines viticoles pourtant très renommés n’existent que depuis quelques décennies. Leur modernité rappelle leur histoire quelque peu douloureuse et humiliante. Au 19e siècle, les vignes toscanes souffrent d’un puceron ravageur, le phylloxéra. Puis au siècle suivant, les vins connaissent une dure période de crise durant les deux guerres. Ils se vendent alors bon marché ce qui nuit à leur image de marque. Il leur faudra attendre les années 1960 et les lois sur l’appellation d’origine pour être reconnus à leur juste valeur.

À partir de 1960, fleurissent donc une quantité de vins AOC comme le Brunello de Montalcino, le Vino Nobile de Montepulciano ou encore le Vernaccia de San Gimignano. La Toscane devient une vraie mosaïque de cépages et de crus. La famille Neri et son célèbre domaine niché entre les collines de Montalcino illustre bien ce renouveau : en 1970, le grand-père Giovanni s’improvise vigneron et achète ces terres pour y planter des vignes. Trente ans après, son fils Giacomo remporte le Wine Spectator, meilleur prix de vin au monde. Les bouteilles varient entre 150 et 300 euros. La région s’est hissée en flèche au niveau des grands crus mondiaux. La famille s’amuse de cette ascension soudaine, rappelant qu’ici les habitants ont dû attendre les années 1960 pour avoir de l’électricité et des routes pavées. « Montalcino, c’est comme une start-up ! », s’enorgueillissent-ils. Une start-up faite de vignerons visionnaires et audacieux qui continuent à écrire l’histoire des vins toscans. Les 14 routes n’ont pas fini de se ramifier !

Reportage de Diane Schlienger, Florence Crimon, Alexis Gilli et Camille Jayr

Camille Jayr

Pour marque-pages : Permaliens.

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