Les castrats: des milliers d’enfants sacrifiés au nom du bel canto

Par Maria Franchini

Pendant plus de deux siècles, leurs voix aujourd’hui perdues ont envoûté l’Europe et inspiré les œuvres de grands compositeurs. Introduite en Italie par les Arabes, la castration fut adoptée par l’église soucieuse de couvrir les quatre registres de la structure polyphonique sans participation féminine. La naissance du mélodrame, exigeant des performances vocales que les femmes ne pouvaient atteindre (les voix des castrats avaient une octave de plus), fut à l’origine de la propagation exponentielle de cette pratique au XVIIe et XVIIIe siècles.

les castrats

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Très attrayants dans le contexte des chœur religieux à partir du XVIème étaient les petits chanteurs dotés d’une voix de soprano, mais hélas ! leur don s’évanouissait à la puberté et, comble de malheur, sur les femmes pesait depuis le Moyen-âge l’interdiction absolue de chanter dans les églises et d’assister le prêtre (ce qui était demandé aux chanteurs lors de certaines cérémonies). Un vrai casse-tête pour les papes qui, pour s’assurer « le type de voix attribué aux anges » (Maria Luisa Ambrosini, L’archivio segreto del Vaticano, Mondadori, 1972), ne trouvent rien de mieux que la castration des enfants, tout en interdisant aux couvents/conservatoires de passer à l’acte… chirurgical. Leggi di piu..

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