Léonard de Vinci et les lois de la table

Léonard de Vinci maîtrisait l’art de la table…et des bonnes manières. Il édicte des règles pour les banquets de la Renaissance qu’il érige au cours de son séjour chez les Sforza. Parmi celles-ci, les classiques « Ne mettez pas vos pieds sur la table« , « Ne posez pas votre tête dans l’assiette« , « Ne coupez pas la table avec votre couteau » et « Ne laissez pas vos oiseaux voler librement à table« .De Vinci, si divin. C’est un fait souvent ignoré, mais la gastronomie et l’étude des vignes intégraient le domaine du génie toscan. Mieux : en plus d’être l’artiste le plus célébré du monde, il est considéré comme le premier agronome et œnologue de l’histoire.

Publié le  sur le blog du « Bureau de Rome »

Léonard de Vinci, précurseur de la cuisine moderne

Entre deux Codex, des experts ont mis la main sur des dizaines de dessins de machines rattachées à la sphère culinaire ainsi qu’à la mise en scène de banquets. Beaucoup de ses inventions ont fait recette, inspirant nos outils de cuisson modernes : Leonardo avait imaginé un système pour fumer de la viande, un autre pour maintenir les aliments frais, un pour les garder au chaud et à l’abri des mauvaises odeurs et de la fumée, une machine à presser les olives, une autre pour moudre le grain, ou encore un engin rotatif conçu pour créer des spaghettis. Ainsi été imaginés les premiers chauffe-aliments, moulins à poivre, hottes et frigos modernes !

Dans la cuisine de Léonard de Vinci, plusieurs recettes ont aussi été griffonnées sur un coin de table. On lui attribue la formule des crevettes rouges à la burrata, aux abricots et à la menthe ; une poitrine de pigeons aux mûres ; un risotto, alors rare au XVIème siècle ; mais aussi des listes de courses qui laissent deviner qu’il n’était pas complètement végétarien.

À la recherche du vin parfait

Parmi les recettes de l’ingénieur, on trouve également « l’acquarosa« , une boisson aphrodisiaque à base d’eau de rose, de sucre, de citron et d’alcool, filtrés dans un linge. Un premier pas vers les caves, qu’il connaissait de fond en comble.

Des clos toscans où il grandit au Clos Lucé qui l’a vu partir, le maître italien a toujours baigné dans la viticulture. Possesseur de vignes en Lombardie grâce à Ludovico il Moro, il écrit en 1515 un billet où il donne des indications techniques à un paysan pour obtenir un vin sans défaut. Depuis 2015, ces indications sont suivies à la lettre par l’expert Luca Maroni, qui a fait replanter dans la ville toscane de Vinci des fragments de racine du vignoble « leonardesque ». On en tire aujourd’hui quatre grands crus rouges, maintes fois primés. Alchimies sensorielles d’un autre temps. Reportage d’Alban Mikoczy, Laura Tositti, Anne Donadini, Manuel Chiarello et Adélie Floch.

 

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