En selle avec les Butteri, derniers cow-boys d’Italie

Diffusé sur le blog du « Bureau de Rome » de France Info

Dans l’Ouest italien, ils sont les derniers à perpétuer le mythe des hommes qui vivent à cheval. Ils sont quatre butteri, ont entre 30 et 55 ans et connaissent les terres de la Maremme jusque dans les moindres recoins. Dans ces vastes pâturages de Toscane de 4200 hectares bordés par la mer, le climat est sec et brûlant l’été, particulièrement froid l’hiver, et par instant traversé par un scirocco. Pas de quoi arrêter les quatre courageux bergers à cheval, derniers tenants d’une tradition qui vise à contrôler et préserver les ultimes troupeaux de vaches maremmane, 200 impressionnants bovins aux cornes sans fin qui ne vivent qu’à l’état sauvage et sont essentiellement prisés pour leur viande – cela fait bien longtemps qu’on ne les utilise plus pour le travail dans les champs.

« Il n’y a qu’avec des chevaux que l’on peut circuler partout sur nos terres difficiles ! Ils sont robustes, et il faut deux ans pour les éduquer parfaitement » détaille Stefano Pavin, le doyen. Habillés pour résister aux (nombreux !) parasites toscans, les butteri s’équipent du même matériel depuis des siècles : une selle « scafarda« , un chapeau pour le soleil ou la pluie, un lasso et un bâton dit « uncino » pour guider les bêtes – « notre troisième bras » explique Alessandro Angeletti.

 

Un métier en voie de disparition

Régulièrement, la région Toscane, qui est également propriétaire des vaches, chevaux et gestionnaire du salaire des butteri, ouvre des concours publics pour inviter les jeunes à rejoindre l’équipe. Mais la rudesse du métier en freine plus d’un. Pourtant, aucun des quatre butteri ne semble s’y arrêter : « Mon arrière-grand-père était buttero, raconte Alessandro. Mais j’entendais aussi les récits de mon arrière-grand-mère, qui me fascinaient déjà. Ça a toujours été dans mon coeur !« .

Plus loin, son confrère Stefano, qui gère les saillies de leurs deux étalons après le très matinal contrôle du bétail, approuve : « C’est le plus beau métier du monde. Tu ne peux pas le faire à contrecœur. Monter à cheval tous les jours, toute l’année, ça peut être dur parfois. Il faut avoir une motivation, là, à l’intérieur« . Ses yeux transmettent le même message ; transmettre son savoir est devenu son cheval de bataille. Reportage d’Alban Mikoczy, Laura Tositti et Anne Donadini.

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